miercuri, 21 aprilie 2021

Dolor y Gloria ou l'édifice immense du souvenir

 

                                    Dolor y Gloria ou <<l’édifice immense du souvenir>>

 

 

            Dolor y Gloria, ce film de Pedro Almodovar, sorti en 2019, s’organise autour d’une image emblématique, je crois, du corps abîmé d’un homme âgé, qui immerge dans l’eau. L’action semble thérapeutique dans tous les sens: l’homme est visiblement souffrant, l’eau lui fait du bien et, en outre, son cerveau semble se réveiller, sa mémoire se met à travailler sous l’action de l’eau et…

            Il n’est plus vieux, il n’est plus malade et se prend à exercer <<le retour aux profondeurs>>, selon l’expression de Proust.

            Le voici petit enfant à côté de sa tendre mère, entourée par d’autres jeunes femmes qui, sur le bord de la rivière, lavent du linge. L’enfant, Salvador, est très heureux de suivre sa mère et de découvrir le monde: la rivière, les poissons, l’herbe, le bocage. Sa mère sait très bien qu’il aime la rivière et ces fruits de l’eau, les poissons, et, pour accroître l’enchantement de l’enfant, lui fait remarquer les poissons-savons: <<Voilà, Salvador, des poissons-savons. Sont-ils jolis!>>

 Ils doivent être très rares à Paterna, en Valence, les poissons-savons. Ils sont beaux et rares.

            Aussi lui a-t-elle ouvert les yeux sur ces bijoux de l’eau. Et, à ce moment-là, tous les proustiens ont frémi de joie et, pour un instant, ils ont déserté la salle de cinéma et ont rejoint Tansonville, <<la haie de Tansonville>> et le grand-père du narrateur qui dit au petit Marcel:

           

            <<Toi, qui aimes les aubépines, regarde un peu cette épine rose; est-elle jolie!>>

            En effet, c’était une épine, mais rose, plus belles encore que les blanches.

 

            Le petit Salvador éprouve des sensations de plus en plus fortes, visuelles, auditives…car

La nature est un temple où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles…

vu que les femmes chantent… C’est une chanson mélancolique qui parle de quelqu’un qui, pour avoir trop regardé ce qu’il aimait, a perdu la vue et, pour avoir trop aimé, il sentait bien qu’il mourrait d’amour.

            La petite scène de la rivière est <<la petite madeleine>> de Pedro Almodovar. Tout le destin du cinéaste Salvador Mallo s’y trouve crayonné.

            Tout comme le petit Marcel, il est très attaché à sa mère, qui l’aime et le protège; il sera alors homosexuel et voudra plus tard protéger et garder à tout prix près de soi Federico, son grand amour. C’est à proximité de la rivière qu’il apprend à regarder et à découvrir le monde. C’est là que les femmes mettent les draps à sécher. Les draps font pressentir le mur blanc où les films seront projetés, car, à Paterna, il n’y avait pas de cinématographe il y a 70 ans, et le mur blanc qui sentait la pisse et le jasmin éveille la passion  de Salvador pour l’écran blanc et le métier de réalisateur. À croire Proust, <<ces résurrections du passé sont si totales qu’elles n’obligent pas seulement nos yeux, elles forcent nos narines... notre volonté... notre personne tout entière...>> Elles nous ouvrent à une autre vie... 

             C’est sa mère qui l’emmenait à la rivière. Et elle s’appelle Jacinta (jacinthe, en français), un nom qui éclate de parfums, de couleurs et de sons... Le fil conducteur, c’est l’eau. Le bassin où l’homme adulte plonge se fait rivière  et se met à couler vers Paterna, vers l’enfance de Salvador, organisée et embellie par sa mère, douce et énergique à la fois. Quand l’enfant lui demande s’il y a un cinéma à Paterna, elle lui répond, non sans tendresse et non sans mélancolie, qu’une maison lui suffirait. Et elle a raison. À Paterna, ils n’auront pas de maison, mais une sorte de grotte, un abri souterrain dont les fenêtres sont au plafond, mais, n’étant pas vitrées, elles laissent parfois y pénétrer les rayons du soleil qui les observent avec des regards familiers tout comme la pluie qui les mouille... et les rend perméables à la rêverie. Mais Jacinthe garde son sens pratique. Quand Eduardo, le jeune maçon illettré qui apprend à lire et à écrire avec le petit Salvador, lui demande s’il devrait commencer par chauler les murs pour enjoliver la grotte, elle lui indique fermement de commencer par installer l’évier, plus nécessaire et plus important encore que l’aspect des murs... Et toutes les spectatrices l’ont approuvée.

            Le cinéaste nous fait voir s’élever la ville de Paterna. C’est une ville qui se construit sous nos yeux, tout comme le destin de Salvador.

            Et, Gérard Genette d’arguer:

 

            Le vrai miracle proustien, ce n’est pas qu’une madeleine trempée dans du thé ait le même goût qu’une autre madeleine trempée dans du thé, et en réveille le souvenir; c’est plutôt           que cette seconde madeleine ressuscite avec elle une chambre, une maison, une ville             entière, et que ce lieu ancien puisse, l’espace d’une seconde, <<ébranler la solidité>>       du lieu actuel, forcer ses portes et faire vaciller ses meubles.

 

            C’est la force de la mémoire involontaire qui nous aide à trouver notre vraie voie, à mener jusqu’au bout ce voyage vers nous-mêmes, vers ce qui est de plus véritable en nous.

             Il y a partout à Paterna des ouvriers, des prêtres – on est sous la dictature de Franco – et des femmes pieuses. Salvador va poursuivre ses études chez les Franciscains, tout comme Pedro (Almodovar), mais l’un, Salvador, passe son enfance en Valence, à Paterna, et l’autre, en Estrémadure. Les prêtres franciscains ont appris à Salvador à chanter et, comme il chantait très bien, ils lui ont épargné l’étude (parfois ennuyeuse, mais très nécessaire) de la géographie, de l’histoire, de l’anatomie... Heureusement, il a appris la géographie à travers les tournois qu’il faisait pour promouvoir ses films. Quant à l’anatomie...

             Ô! Il a pu même approfondir l’étude de cette discipline, grâce aux... maladies qu’il a contractées en réalisant et en promouvant ses films... Un destin très logique, n’est-ce pas?

            Le cinéaste Salvador Mallo (Antonio Banderas – Prix d’interprétation masculine à Cannes) a mal au dos, mal aux genoux, à l’estomac et il tousse... Il tousse affreusement! Ce sont les effets laissés sur son corps par son travail épuisant, couronné de grands succès. Quand le comédien Alberto Crespo, interprété par Asier Etxeandia – très bon dans son rôle – lui rend visite dans son élégant appartement, celui-là juge que le logis est tel un musée. Et c’est vrai. Ce logis reflète le lustre de toute une vie. Mais il n’y a pas d’objet dans cette maison qui n’évoque pas, comme chez Proust, le passé -  la grotte et la ville de Paterna.

            Et, Claude-Edmonde Magny de conclure à propos de Proust, alias Almodovar:

 

            Avant d’être cloison, le liège était écorce vivante, caparaçonnait des chênes viriles et          vigoureux. C’est cette silve primordiale qu’il faut maintenant évoquer.

 

            Et les tableaux aux couleurs vives qui parent les murs de la maison du cinéaste évoquent les carreaux de faïence montés par Eduardo dans la cuisine de Jacinta. Il y a eu des critiques qui ont apprécié que le riche coloris qui éclate dans ce film évoquait les expériences  psychédéliques de Salvador Mallo, alias Pedro Almodovar.

            Non! À un moment donné, l’histoire de ce film est interrompue par l’éclat des feux d’artifice. C’est la “Corda de Paterna”, une fête du bruit et du feu, une fête pyrotechnique qui dure toute une nuit. Elle a lieu le dernier dimanche du mois d’août, commence à une heure et demie du matin et se prolonge jusqu’au petit jour suivant. Il arrive qu’il y ait  chaque année quelques personnes légèrement blessées, mais ça ne fait rien, tout le monde est en délire et se réjouit du spectacle. C’est la nuit de feu qui a marqué le petit Salvador et a attisé son goût pour les couleurs éclatantes. Après avoir vu un film projeté sur le mur blanc qui sentait la pisse et le jasmin, on se réjouissait de la Corda. Car la vie était si belle à Paterna...!

            La nature homosexuelle de Salvador est annoncée dès son enfance: après avoir monté les carreaux de faïence dans la cuisine, Eduardo se déshabille et se lave. Salvador le voit à poil lorsqu’il lui apporte une serviette propre et s’évanouit. Sa mère allait croire qu’il s’agissait d’un coup de soleil, mais c’était... du désir. Plus tard il tombera amoureux de Federico. Pour un temps, ils vont filer le parfait amour et il semble que rien ne puisse les séparer. Mais, cachée dans la passion même, dans la fantaisie débridée, dans l’excès, la drogue cherchait une fissure à élargir. Et ce n’était pas l’innocente cocaïne dont Salvador se servait lui-même, comme tout le monde, d’ailleurs; c’était la perverse héroïne qui a fini par terrasser Federico. Et l’amour de Salvador ne peut rien contre cette dégradation continue du corps aimé. C’est comme une maladie qui ronge... Salvador a pensé que les voyages lui feraient du bien, mais les beautés et <<les nourritures terrestres>> ne peuvent rien contre <<les paradis artificiels>> qui l’emportent. Il y a surtout cette ville de Madrid qui, ouverte à tout, fait mal à Federico. Quant à Salvador, il a besoin de Madrid comme de l’air qu’il respire. Federico en est jaloux. Ils se séparent. Le dernier allait s’établir en Argentine, chez son oncle, qui tenait un restaurant à Buenos Aires. Comme les routes de l’héroïne ne passaient pas par l’Argentine à ce moment-là, notre bougre n’en consomme plus et le voilà rétabli, patron d’un restaurant, marié et père de deux enfants. C’est la vie...

            Salvador, lui aussi, a une vie bien remplie; il fait des films qui remportent de grands succès. L’un de ces films est Saveur. Le premier rôle en est détenu par l’acteur Alberto Crespo qui prend de l’héroïne, ce qui imprime à son rôle quelque chose de ténébreux, de vacillant, là où Salvador attendait plus d’espièglerie et plus d’humour. Ils n’arrivent pas à se mettre d’accord. Salvador a toutes les raisons de détester l’héroïne. Il pense à Federico et à leur rupture... Le réalisateur demande au comédien de renoncer à la drogue; celui-là promet, mais manque à sa parole. Le film est un succès, mais le réalisateur en est déçu. Les deux restent brouillés pour trente-deux ans. Mais voilà qu’une cinémathèque de Madrid veut proposer Saveur à ses cinéphiles. Salvador revoit le film. Après tant d’années, attendu qu’il est malade, qu’il éprouve des douleurs atroces et qu’il prend de l’héroïne, pour les rendre supportables, il trouve le jeu d’Alberto créatif et même visionnaire. Les deux hommes oublient leur querelle. Ils se voient fréquemment et, un jour, Alberto découvre sur l’ordinateur de Salvador un texte ayant pour titre Dépendance, où Salvador fait la confession de son amour pour Federico, qui devient Marcelo dans le monologue. Pour Salvador, ce monologue est la seule chose qui compte en ce moment; c’est la confession de son âme, qu’il refuse pourtant de signer. Il voudrait encore travailler sur ce texte et semble s’interroger avec le Baudelaire du poème Le Mauvais Moine

 

 Ô moine fainéant! quand saurai-je donc faire

Du spectacle vivant de ma triste misère

Le travail de mes mains et l’amour de mes yeux?

 

 Il semble résolu de ne vivre que pour cette confession et accepte qu’Alberto la signe de son nom et la joue au théâtre Mirador. Ce même Alberto qui a su anticiper le devenir de Salvador... C’est leur manière de se réconcilier.

            Ce moment du film évoque également le poète des Plaisirs et les Jours de Marcel Proust,  qui refuse l’hospitalité à un étranger, attendu que celui-ci a le toupet de lui demander de congédier tous les autres invités et ne garder que lui. Alors, le poète voit l’étranger s’en aller en lui disant:

 

            Tu ne me verras plus jamais. Et pourtant tu me devrais plus qu’ aux autres, qui, dans ces   temps prochains, te délaisseront... (...). Je suis ton âme, je suis toi-même.

 

            Salvador choisit de se pencher sur soi-même, de ne plus trahir son âme et sa vie intime au profit de la vie réelle, extérieure, avec ses obligations, son emploi du temps et ses injonctions. Il en va de même pour Pedro Almodovar qui déclare:

             <<Je parle de ce que je connais le mieux, c’est-à-dire moi.>> Mais <<Almodovar n’écrira pas ses Mémoires, il vient de les filmer>>, conclut Nicolas Schaller, le critique du Nouvel Observateur.

                                                                         ***

            Par hasard, Federico, qui est à Madrid, pour s’occuper d’une affaire d’héritage, passe devant le théâtre Mirador, voit l’affiche et se décide à entrer. Il reconnaît l’histoire, il se reconnaît dans Marcelo et son émotion, en écoutant le monologue d’Alberto, est comparable, je crois, à celle de Marcel de La Recherche, qui découvrait dans le Septuor de Vinteuil la petite phrase de la sonate...

            Federico se procure le numéro de téléphone et l’adresse de Salvador. Les deux amants se rencontrent chez Salvador après des dizaines d’années: ils sont émus, ils parlent de leur vie et finalement, en faisant leurs adieux, ils s’embrassent. Pourriez-vous décrire ce baiser...?

            Almodovar <<vient de le filmer>>, mais le décrire serait très difficile; il nous faut l’ardeur d’un amoureux et la plume d’un poète. Heureusement, je les ai trouvées chez Baudelaire. Vous n’en aurez nulle part de plus intense ni de plus belle:

 

Comme un flot grossi par la fonte

Des glaciers grondants,

Quand l’eau de ta bouche remonte

Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohême,

Amer et vainqueur,

Un ciel liquide qui parsème

D’étoiles mon cœur!( Le Serpent qui danse)

 

            Les deux hommes sont confondus dans ce baiser telle l’eau des glaciers qui fondent sous les rayons vainqueurs du soleil. L’amour les enivre, les attache et s’empare d’eux, tel un serpent. Et les étoiles du <<ciel liquide>> de leur bouche leur montrent le chemin vers <<la patrie perdue>> de leur union.

             Quand Federico demande à Salvador s’il veut qu’il reste lui faire l’amour, celui-ci refuse... Il est si troublé qu’il a peur de ne perdre le souffle pour avoir tant aimé...

            Une autre déclaration d’amour très réussie est celle d’Eduardo, le maçon qui apprend si difficilement à lire et à écrire, mais qui s’exprime plus facilement par la peinture et qui achève le portrait de Salvador, en petit enfant, penché sur un livre, et le lui envoie. Ce tableau, ce film, le poème, le roman survivront à leurs créateurs, car Ars longa, vita brevis est. Mais cet art n’a rien affaire avec la vie matérielle; elle tire sa saveur de cette <<patrie perdue>> dont parle Proust, cette patrie intérieure que nous ignorons la plupart du temps et vers laquelle nous porte la mémoire involontaire. C’est <<la patrie perdue>> ou <<l’essence divine>> dont parle Baudelaire, avec les vers duquel j’ai choisi de clore ce témoignage en faveur de l’art véritable, soit-il littéraire, pictural, musical ou cinématographique:

 

Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,

Après les derniers sacrements,

Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses,

Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté! dites à la vermine

Qui vous mangera de baisers,

Que j’ai gardé la forme et l’essence divine/De mes amours décomposés!


    (Acest articol a apărut pe platforma www.mondesfrancophones.com în data data de 11 septembrie 2020, la secțiunea Critiques)


 

 

 

 

 

               

 

 

 

 

marți, 2 martie 2021

VORBE CU MIEZ

     ”Toți trebuie să știe că Dobby n-are niciun stăpân. Dobby e un spiriduș liber.”

    (Harry Potter și Talismanele morții - I)

marți, 23 februarie 2021

VORBE CU MIEZ

 ”Și eu, dacă aș fi Cap-de-Mort, aș dori să fii izolat. Pentru că oamenii izolați nu au mare putere.” 

(Harry Potter și Talismanele morții - I)

duminică, 7 februarie 2021

VORBE CU MIEZ

 ” - Cum a fost la carceră?

    - Am petrecut o săptămână cu domnul Mozart. Asta e frumusețea muzicii: e ceva ce nu-ți pot lua. Muzica ne arată că sunt și lucruri care nu cresc din piatră. Habar n-am ce cântau italiencele alea... Și poate că nici nu vreau să știu. Sunt și lucruri care nu trebuie spuse... (...) Vocile lor ajungeau mai sus decât poate un om să viseze!”

(filmul Închisoarea îngerilor, regie și scenariu adaptat: Frank Darabont, după o nuvelă de Stephen King)

PS: - Ce-ar fi fost cinematograful fără Stephen King?

       - Ar fi fost! Dar mai sărac. Și orice mână de ajutor contează...

       - Dar fără muzică?

       - Fără muzică, n-ar fi fost deloc!

joi, 21 ianuarie 2021

STARE DE FAPT

 ”Viitorul și trecutul

Sunt a filei două fețe,

Vede-n capăt începutul

Cine știe să le-nvețe;

Tot ce-a fost ori o să fie

În prezent le-avem pe toate,

Dar de-a lor zădărnicie

Te întreabă și socoate.//

Căci acelorași mijloace

Se supun câte există,

Și de mii de ani încoace

Lumea-i veselă și tristă;

Alte măști, aceeași piesă,

Alte guri, aceeași gamă,

Amăgit atât de-adese

Nu spera și nu ai teamă.


(Mihai Eminescu, Glossă)

luni, 4 ianuarie 2021

MAI AVEM VOIE SĂ RÂDEM? CU CE PREȚ?

    În noaptea de Revelion, TVR1 a transmis un program susținut în esență de faimoșii umoriști Mugur Mihăescu și Radu Pietreanu. Nu am văzut programul. Nu sunt fana celor doi. Dar apreciez faptul că, datorită acestui program, TVR1 a trecut pe locul 5 în topul emisiunilor de Revelion văzute la toate televiziunile naționale; nu i s-a mai întâmplat așa ceva până acum și eu apreciez că este un lucru bun să reușești să te întâlnești, fie și pe bază de umor gros, cu majoritatea telespectatorilor. În fond, pentru ei emiți. 

    Din dorința de a sancționa politic tot ce nu este #, deputatul USR Iulian Bulai a folosit acest pretext umoristic, care rămâne umoristic și apreciat de un mare număr de oameni, chiar dacă nu îi place deputatului, pentru a cere sancționarea conducerii SRTV. Care au fost argumentele?

    1”Pe banii noștri [deci si ai celor care s-au uitat la emisiune - precizarea mea] TVR1 a avut de Revelion un program plin de bășcălie la adresa a tot ce înseamnă pandemie”, spune Bulai.

    Și ce dacă. Să fie ei sănătoși să mai facă bășcălie! Nu doar că nu poți taxa râsul pe motiv că nu ți-a plăcut emisiunea, dar să aplici cenzura unei emisiuni umoristice e odios. Nu poți folosi pandemia pentru a cenzura și chiar pune la colț, sub acuzare orice opinie care te deranjează, orice opinie care nu e #, care nu emană din puțul gândirii tale. Amputarea democrației poate fi mai periculoasă decât Covidul. Nu putem face din pandemie subiect tabu. ”Nimic nu este tabu când vine vorba de umor”, subliniază Doina Gradea, Președinta Generală a SRTV care amintește și de Saturday Night Live, renumitul show din SUA care ridiculizează pe toată lumea, de la politicieni la actori celebri de la Hollywood, de la Trump la adversarul său din prima campanie electorală, faimosul Robert de Niro.

    Dar astea sunt argumente și, în lumea #, ele nu contează. Acolo se poartă gesturi spectaculoase, de mână forte, combinate cu circul, și acestea presupuse a avea priză la public, dar cu altă consecință decât râsul, și domnul Bulai continuă neabătut:

   2 ”Doina Gradea trebuie să plece din TVR și să ia cu ea și pe partenerii din PSD care au mai rămas acolo. Ne întâlnim în sesiune ordinară în februarie și începem curățenia.”

    What? Așa se face treaba?!? Până în februarie au tot timpul din lume să înceapă curățenia în Sectorul 1... Dacă în Parlamentul României ar exista opoziție, am fi avut până acum o comisie parlamentară care să investigheze situația gunoaielor neridicate săptămâni în șir în ”capitala capitalei”. Dar nu avem opoziție... Te uiți la ei că le i-e frică să vorbească, iar când o fac nu pun punctul pe i, ci alături. Pun și ei un punct undeva să nu zică lumea că nu l-au pus... Discursul domului Bulai este unul de timorare a opoziției. Dar cu ce scop? După ce program? Elaborat unde?

    Dar Doina Gradea s-a ținut tare:

    ”Amenințarea directă a unui șef de instituție din partea unui parlamentar este o situație fără precedent și foarte periculoasă. Mai în clar, este cel mai grav atac al politicului asupra independenței editoriale a TVR... (...) Și ce altă instituție de presă va urma după TVR? Domnule deputat Bulai, aveți idee către ce alunecați dumneavoastră aici?”

    Dar deputatul nostru ”cuminte, n-a vrut să răspunză.”

    După ce s-a afirmat prin Evanghelia după Bulai, cu care a răscolit clerul ortodox din România, domnul deputat încearcă acum să reformeze apetitul pentru umor al românilor și apoi TVR1. Sigur, Propaganda va spune cu acest prilej că nici clerul, nici poporul și cu atât mai puțin TVR1 nu se ridică la înălțimea domnului deputat Bulai... Dar dacă e să te uiți bine la domnul Bulai, dacă e să te uiți la om, cum spune românul, adevărul e că nu face deloc concurență stării civile. Și un politician are nevoie de o părticică oricât de mică din această calitate. Umoristul Mugur Mihăescu este mai aproape de această capacitate decât Domnia Sa... Și el știe, Mihăescu, vreau să zic.

    Vlad Voiculescu, Ministrul Sănătății, e și mai tare! Dezaprobă și el spectacolul de Anul Nou, aprobat de SRTV, spectacol care ”prin discurs, mimică, mesajul transmis instiga la nesupunere a publicului față de măsurile de protecție luate de autorități.”

    Ce au oamenii ăștia?!?

    Întrebarea merită un răspuns în etape:

    În primul rând, ei par să nu aibă deloc simțul umorului. Ei nu fac diferența între un show de televiziune și un discurs politic.

    În al doilea rând, autoritatea pe care o emană discursul lor nu este una naturală, umană, ci pare a veni doar din educația lor, una cazonă, milităroasă, supusă legii lui ”Ascult și mă supun.” Domnul Ministru nu a zis, așa cum era normal, că Mihăescu și Pietreanu instigă la nerespectarea măsurilor de protecție luate de autorități. Domnia Sa a zis nesupunere a publicului... ceea ce, în gura unui politician, este un termen jignitor! 

    Nimeni nu poate să-mi ceară mie să mă supun! Și n-o voi face niciodată! Ei pot însă să-mi ceară să respect legile și măsurile legiferate, ceea ce eu fac fără să mi se repete. De exemplu, port masca. Am purtat-o și când nu era obligatorie; o port cu atât mai mult acum când pandemia e în floare. Dar nu voi face vaccinul. Obligativitatea lui nu se poate obține decât prin samavolnicie! Nu-i poți inocula omului, în propriul lui corp, ceva la care propria lui conștiință nu consimte! Și nici nu-ți poți folosi dulăii/gorilele din presă pentru a-i împroșca cu noroi pe toți cei care nu gândesc #.

    Acești oameni au un discurs care pe cei mai puțin naivi dintre români îi fac să priceapă că li se pregătește ceva!

    Dar haideți să ne întoarcem la umor! Îmi pare rău că nu m-am uitat la emisiunea lui Mugur Mihăescu, pentru că am pierdut discursul domnului Președinte Iohannis, interpretat de George Tănase și citit de mine în presă. Am râs cu lacrimi la două fraze:

    ”2020 a fost un an al încercărilor, în sensul în care fiecare a încercat să se descurce cum poate. Unii au agonisit, alții nu. Unii au mâncat, alții nu.”

    Magistral, discursul Președintelui, de un umor nebun! Citiți-l! Merită!

    Sau ce ziceți de asta:

    ”Să sperăm că anul 2021 va fi un an prosper, plin de autostrăzi, de locuri de muncă în Germania...” Șparanghelul ne cheamă, bineînțeles... Poate de aceea s-au închis școlile în locuri unde nu există nici tablete nici Covid. Ca să avem în continuare populație disponibilă pentru șparanghel. Fără școală, acești copii sunt condamnați toată viața lor la muncă brută. Și politicienii știu... Că nu au toți tinerii geniul domnului Bulai care a plecat așa, de capul dumnealui, la studii în Norvegia, unde s-a întreținut ”din adunat sticle, dar mai ales din împletit baloane pe strada principală [parcă-l și văd - nota mea] și prin bâlciuri. Am fost mereu un tip cu spirit antreprenorial și destul de creativ...”mărturisește deputatul în Biografie. Dar lucrurile evoluează: ”Pentru că am fost înzestrat cu darul sculpturii, mi-am confecționat o mască.” Și uite-așa, din mască în mască, ”am aplicat și am intrat la Academia Națională de Arte din Oslo.” Setea de cunoaștere l-a purtat apoi în Italia, Portugalia și China; totul, foarte natural, neîmpins de nimeni! Vă vine să credeți?! O puteți înghiți?!

    În timp ce alții au stat aici în țară, că unde dracului să se ducă, fiindcă nu se pricep la ”împletit baloane prin bâlciuri”, și au făcut o facultate ca domnul doctor Mihai Dudea din Ineu, județul Arad, care avea la vaccinare inscripționat pe tricou ”Ce făcui, ce nu făcui, tot de belele dădui...” 

    La fel ar putea să fredoneze și olteanul nostru, Mugur Mihăescu: ”Ce făcui, ce nu făcui,/ pe Ministru-l zgândării/ și de belele dădui...”

    Dar măcar niște oameni au râs cu poftă și - detaliu important - au reușit prin râsul lor să oprească monotonia unor istorii prefabricate!

    Te vreau cât mai imprevizibil, 2021! Așa să ne-ajute Dumnezeu!