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joi, 4 martie 2010

JOURNAL

Les Portes du Paradis


Aujourd’hui je veux écrire des Falaises d’Etretat. Je pense à elles très souvent. Elles font partie de ma géographie à moi. Tout le monde les connaît. En France, il n’y a pas d’album ou de manuel de géographie, où vous ne voyiez pas cette seconde merveille de lOccident, après le Mont-Saint-Michel. Mais le Mont-Saint-Michel est tumultueux et romantique ; il aime changer de décor, il trouve son plaisir à vous surprendre, à vous effrayer, à vous faire vivre sous le signe de la menace.
Les falaises d’Etretat, elles, sont calmes et stables. Les rochers avancent dans l’eau, dont ils ne peuvent plus se séparer. L’eau vient les embrasser. Le rendez-vous est si chaleureux qu’ils décident de le répéter chaque jour, à des moments différents de la journée, sous une lumière changeante et sous des cieux qui ne sont jamais les mêmes, comme nous le font voir l es toiles également merveilleuses de Monet.
Chez Monet, les rochers sont tantột brumeux, tantột éblouissants, tantôt simplement lumineux, tantôt embrasés par le soleil, mais toujours témoins calmes des caprices du soleil.







On a l’impression que les rochers sont les portes du paradis et que la mer, c’est la voie. J’ai très souvent imaginé le paradis comme étant fait de rochers, de sable et d’eau salée.
Après une longue nuit opaque, je recommence à entrevoir l’aube. Elle est toujours bleue, l’aube, teintée de jaune, comme la mer.

luni, 23 noiembrie 2009

PAGINI DE JURNAL

PAGES DE JOURNAL




André Georges Malraux est mort le 23 novembre 1976. Aujourd’hui, quand j’écris, c’est le 23 novembre 2009. Je feuillette Histoire de la France des origines à nos jours , ouvrage écrit sous la direction de cet extraordinaire Georges Duby, mon idole en matière d’histoire. La présence de ce livre dans ma bibliothèque remplit ma vie et me rend heureuse. J’y trouve quelques lignes admirables sur Malraux et son action en tant que Ministre de la Culture : un « Bonaparte qui serait à soi-même son Chateaubriand ».
Le texte est écrit à la manière synthétique de Malraux et je ne vis en ce moment que pour faire entrer ces lignes dans mon journal. Je veux, de cette manière, être avec lui, à trente-trois ans de sa mort :
« C’est peut-être la première fois, et probablement la dernière,qu’on aura vu,dans les trente années du milieu de notre siècle, l’invention dramatique et le génie de l’acteur,à la mesure de l’histoire, se saisir de l’histoire ; la dernière fois – qu’on le veuille ou non, ce drame, péripétie et dénouement, reste unique – que le héros, l’acteur et le poète tragique en un seul homme aura taillé son poème et sa représentation à même l’histoire. Mais pas tout à fait : dans les intervalles et à la fin il lui restait à écrire ses Mémoires d’outre-tombe. »
J’ai lu ces lignes comme si elles avaient été écrites pour moi, pour que je les lise. Je me réjouis de voir qu’il y a en France et ailleurs des personnes qui l’ont lu,l’ont admiré,l’ont aimé et qui se sont épanouies sous les rayons de son génie. Mais moi ? Réussirai-je jamais à me sauver, à mûrir, à m’épanouir et à porter des fruits grâce à ses rayons ? Je l’invoque comme une païenne un dieu. Je le ressens bienveillant mais lointain, très lointain. Je souffrirai jusqu’à la fin de son absence.