LE DERNIER SOURIRE DE L'HIVER
Il neige abondamment. Il neige comme dans les contes. Les flocons nous embrassent sur les lèvres et sur la joue, pour fondre finalement dans nos yeux émerveillés. Ils s'offrent à nous. L'hiver est généreux. Il a l'air de très bien savoir qu'il y a de par le monde des révoltes et des massacres, des bourreaux et des victimes, des innocents et des crapuleux. Il nous sourit, néanmoins. Et il le fait de confiance.
Il neige et la neige s'amoncelle. Sa blancheur est éblouissante. Je ne pense aucunement que nous méritions, si peu que ce soit, cette blancheur.
Encore est-elle là pour nous. L'hiver nous fait un sourire avant de tirer sa révérence.
Et pourtant il est beau, ce prince blanc, enfant des nuages. Il nous fait rêver...
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joi, 24 februarie 2011
luni, 8 februarie 2010
Journal - Des neiges fabuleuses à Bucarest
La ville s'est enfoncée dans la neige. De sale et puant, Bucarest est devenu blanc et pur.
Périodiquement, les neiges lavent les villes et les champs. Périodiquement, au déluge, les sanglots des mers et des océans lavent les continents.
"O que ma quille éclate!/ O que j'aille à la mer!"
Pour que la vie continue, il est nécessaire de temps en temps de se laisser enfoncer. Pour que le printemps puisse vraiment revenir, pour que " Le Soleil, le foyer de tendresse et de vie,/ Verse l'amour brulant à la terre ravie" - comme écrit le même étincelant Rimbaud dans "Soleil et Chair" -, pour que la terre "déborde de sang" et "qu'elle renferme, grosse de sève et de rayons/ Le grand fourmillement de tous les embryons!", il faut que l'hiver - "la nuit verte aux neiges éblouies" - s'empare du sol. L'hiver rigoureux n'en est que la condition strictement nécessaire.
Pour pouvoir continuer à vivre, on a besoin de sombrer et de renaître périodiquement, de se frayer de nouveaux chemins, de changer, d'assumer le devenir, de recommencer.
La neige et la mer, "où vint neiger l'écume", ne sont que le baptême dont on a besoin périodiquement pour renouer les serments avec la vie.
Périodiquement, les neiges lavent les villes et les champs. Périodiquement, au déluge, les sanglots des mers et des océans lavent les continents.
"O que ma quille éclate!/ O que j'aille à la mer!"
Pour que la vie continue, il est nécessaire de temps en temps de se laisser enfoncer. Pour que le printemps puisse vraiment revenir, pour que " Le Soleil, le foyer de tendresse et de vie,/ Verse l'amour brulant à la terre ravie" - comme écrit le même étincelant Rimbaud dans "Soleil et Chair" -, pour que la terre "déborde de sang" et "qu'elle renferme, grosse de sève et de rayons/ Le grand fourmillement de tous les embryons!", il faut que l'hiver - "la nuit verte aux neiges éblouies" - s'empare du sol. L'hiver rigoureux n'en est que la condition strictement nécessaire.
Pour pouvoir continuer à vivre, on a besoin de sombrer et de renaître périodiquement, de se frayer de nouveaux chemins, de changer, d'assumer le devenir, de recommencer.
La neige et la mer, "où vint neiger l'écume", ne sont que le baptême dont on a besoin périodiquement pour renouer les serments avec la vie.
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