sâmbătă, 29 aprilie 2017

AIMEZ-VOUS LA SONATE DU DIABLE?



                AIMEZ-VOUS LA SONATE DU DIABLE?


         Moi, je l'aime énormément. Elle est sublime.
         Giuseppe Tartini naquit le 8 avril 1692. Il est un violoniste et compositeur italien, connu surtout pour La Sonate pour violon en sol mineur, surnommée Le Trille du Diable. Envoûtante et difficile, elle vaut bien son nom.
         On dit que Tartini avait raconté à l'astronome Jérome Lalande la genèse de cette sonate:
                  
                   Une nuit (en 1713) je rêvais que j'avais fait un pacte et que le                           Diable était à mon service. Tout me réussissait au gré de mes désirs                   et mes volontés étaient toujours prévenues par mon nouveau                     domestique. J'imaginai de lui donner mon violon pour voir s'il                         parviendrait à me jouer quelques beaux airs; mais quel fut mon                   étonnement lorsque j'entendis une sonate si singulièrement belle,                    exécutée avec tant de supériorité et d'intelligence que je n'avais                 même rien conçu qui pût entrer en parallèle. J'éprouvai tant de              surprise, de ravissement, de plaisir que j'en perdis la respiration. Je
                   fus réveillé par cette violente sensation. Je pris à l'instant mon                           violon, dans l'espoir de retrouver une partie de ce que je venais                d'entendre; ce fut en vain. La pièce que je composais alors est, à la                   vérité, la meilleure que j'aie jamais faite et je l'appelle encore la             'Sonate du Diable'; mais elle est tellement au-dessous de celle qui
                   m'avait si fortement ému que j'eusse brisé mon violon et abandonné
                   pour toujours la musique s'il m'eût été possible de me priver des               jouissances qu'elle me procure.

         C'est un aveu plein de modestie et de reconnaissance à l'égard de son domestique et maître à la fois: le Diable. C'est une manière de dire que le talent est quelque chose qui nous préexiste, nous hante et nous dépasse, sans avoir rien à voir avec la chair ou le corps. Le talent est un don et même l'ombre d'un don et jamais un mérite.
         J'ai choisi des violonistes célèbres pour vous faire entendre cette sonate sublime. D'abord vous allez écouter Anne-Sophie Mutter, belle, gracieuse et très douée, que vous allez apprécier pour la pureté des sons et que les plus chanceux des Roumains vont voir cet automne à Bucarest, au Festival Enesco, et puis la même sonate avec David Garrett que vous apprécierez pour sa justesse et ses... effets spéciaux.
         Alors je vous laisse dans une bonne compagnie, écouter quelque chose d'inspiration unique. Tâchez de faire bonne figure auprès du Diable...

David Garrett - Devil's Trill Sonata

AIMEZ-VOUS EDOUARD LALO?

Edouard Lalo est né le 27 janvier 1823 à Lille, au Nord de la France, dans une famille d'origine espagnole qui remontait au XVI-è siècle; l'explication en est simple: à l'époque de Charles Quint et de son fils, Philippe II, le Nord de la France et les Pays-Bas faisaient partie de l'empire espagnol. Lalo fut toute sa vie un Français mal à l'aise, très attiré par la musique espagnole. Il écrivit le Conerto pour violon et orchestre op. 21, qui devint La Symphonie espagnole, que nous allons écouter, pour Pablo de Sarasate (1844-1908). Lalo mourut le 22 avril 1892 et on commémore cette année 125 ans après sa disparition.
Pour le célébrer, il nous faut un grand violoniste qui puisse nous ravir. Nous l'avons trouvé dans la personne d' Isaac Stern (1920-2001), violoniste américain d'origine ukrainienne, celui qui par sa personnalité et son opposition ferme sauva Carnegie Hall de la démolition.
Mais je pense que ce n'est pas sans intérêt d'évoquer également sa mauvaise réputation  de tireur de ficelles, de parrain (padrino) de la vie musicale américaine.
Eh bien, Aaron Rosand, un grand violoniste, mais à la carrière plus terne que celle de Stern publie, selon Le Devoir du 16 juillet 2014, une lettre ouverte où il avoue des choses très graves: il parle de la manière dont Sterne l'a écarté du premier enregistrement du Concerto pour violon de Samuel Barber. Heureusement, 25 ans plus tard, Leonard Bernstein (1918-1990) romp le silence en racontant à Rosand que Stern<< l'avait menacé de faire annuler cinq enregistrements de disques chez Columbia s'il gardait Rosand.>>
Cela oui, c'est une preuve! Heureusement les gens parlent, si tard que ce soit, et vident leur sac, en avouant des choses qu'on voulait cachées à jamais...
Mais maintenant oublions les méfaits, aussi graves qu'ils soient et écoutons l'ensorcelante Symphonie espagnole:
    

AIMEZ-VOUS ROSSINI?



Bien entendu! Il incarne la joie de vivre à son apogée!
Gioacchino Rossini est né le 29 février 1792 à Pesaro, aux Etats pontificaux, à ce moment-là. Cette année nous célébrons 225 ans après sa naissance. Mais 1792 était une année bissextile, tandis que 2017 ne l'est pas.
Alors, comment faire? Comment le célébrer?
Je pense qu'un bon vivant tel Rossini, amoureux de la bonne chère et des jolies femmes peut être fêté n'importe quand à travers l'année. Et comme aujourd'hui c'est samedi 29 avril, je crois que c'est très bon pour une fête; une fête au double sens du mot: on se régale en écoutant une musique ravissante qui donne la pêche.
Vous savez ce que Rossini a écrit?
Vous connaissez très bien Le Barbier de Séville, La Pie voleuse, Guillaume Tell, L'Italienne à Alger La Pierre de touche, etc., mais vous ne saviez pas qu'il avait écrit également un livre de cuisine et qu'il n'avait pleuré que trois fois dans sa vie.
Eh bien, cher lecteur, une fois, cela est advenu au cours d'une promenade en bateau lorsqu'une sacrée dinde truffée est tombée à l'eau!
Malheur aux gourmands!
Malgré ça, le festin continue! Vous allez écouter l'Ouverture à La Pie voleuse (La Gazza ladra), avec Claudio Abbado à la tête de Wiener Philharmoniker, l'Ouverture au Barbier de Séville, avec Riccardo Muti au pupitre de l'Orchestre symphonique de Philadelphie et, après ça,  commencent les airs et tout le monde attend l'Air de Figaro que bien des barytons ont chanté et... j'ai choisi qui? Devinez!
J'ai choisi pour vous un Russe extraordinaire, chanteur remarquable et bel homme - Dmitri Hvorostovsky. Il chante avec l'Orchestre symphonique de Montréal, ayant à sa tête Charles Dutoit, ce chef d'orchestre aux yeux très vifs. C'est une heureuse rencontre: <<Dutoit est un chef d'orchestre avec qui tous les chanteurs rêvent de se faire entendre>>, racontait Hvorostovsky. Pour ceux qui ne le savent pas, Ch. Dutoit est le deuxième époux de la pianiste Martha Argerich. Ils vont faire équipe, ils vont se faire entendre ensemble encore une fois cette année, à Bucarest, au Festival Georges Enesco. A cette occasion, les plus chanceux des Roumains vont les voir. La musique (ré)unit les gens. Malheureusement, Hvorostovsky s'est retiré de l'Opéra depuis deux ans pour se soigner et traiter une tumeur au cerveau. Il donne encore des récitals et on pense à son retour triomphal à Paris, en 2016, au Théâtre du Châtelet.Il est possible que la musique et la bonne humeur aient raison de la maladie.
Enfin, pour la bonne bouche, j'ai gardé l'Air de Figaro avec Placido Domingo et toujours Placido Domingo, dans une vidéo, comme Figaro et comme le comte Almaviva à la fois.
 

Rossini Overture to the Barber of...(Muti-PhiladelphiaOrch.)

Il barbiere di siviglia "Largo al factotum"

Plácido Domingo - Largo al Factotum (Figaro) - Il Barbiere di Seviglia